lundi 30 novembre 2009

De l'eau, de l'air... c'est fou!

Je ne sais pas si vous êtes au courant par chez vous, mais nous vivons en Cornouaille une aberration climatique actuellement. Vous ne voudrez pas me croire, mais c’est la triste réalité; il pleut. Il pleut même beaucoup. Il pleut au point que nos fairways pourtant bien drainés deviennent boueux. Il pleut tellement même que les greens keepers se sont résignés à fermer le parcours. Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas un climat breton ce temps. Nous qui sommes habitués à la sècheresse (certains habitants d’ailleurs craindraient la déshydratation et auraient adopté une stratégie préventive à base de bière), on est un peu perdu là maintenant. Donc quand le parcours est fermé, il faut se rabattre sur autre chose.

Sur le practice par exemple. Ces derniers jours ont été consacrés au practice, et plus exactement au jeu des fers, sur tapis, entre deux grains. Et là j’avoue que le practice pour le practice, c’est bien mais c’est mieux quand on peut y rajouter un ou deux trous ensuite, ou une séance de putting, une séance d’approches, à la limite. Mais ces jours-ci, c’est juste tapis. Pour aider, on a un peu de vent aussi. Qui fait voleter les feuilles mortes. Le seul problème c’est que le vent fait aussi voler les branches qui sont restées accrochées aux feuilles. Ça rajoute un peu de piment à l’existence, de se voir frôlé par une bonne grosse branche. Le plus gênant c’est quand même pour les trajectoires. Suivant les practices je fais du hook, ou du slice, et du vrai du dur du tatoué, y compris au sandwedge.

La morale de tout ça? Certains jours, le golf c’est encore plus dur d’y jouer que d’habitude.

dimanche 29 novembre 2009

Croyez en moi et vous serez guéris...

Puisque le temps se prête plus aux lectures au coin du feu qu’aux reconnaissances de parcours, et que les fêtes approchent, il est grand temps de se pencher une fois de plus sur les ouvrages de golf. Il est une catégorie qui naturellement attire mon œil, c’est «la méthode miracle». Quoi donc? Vous savez ces livres qui parlent de miracles à venir, de progrès spectaculaires, de secrets enfin révélés. La production de méthodes miracles n’est pas l’apanage du golf, mais ce sport est certainement un des plus grands inspirateurs de ce genre d’opuscules. Le swing s’y prête tout particulièrement avec son enchainement d’actions musculaires inhabituelles et en dehors des logiques les plus profondes de l’humain.

Mais revenons à nos moutons, ou plus exactement à nos méthodes. On les reconnaît dès la prise en main; l’ouvrage est souvent peu épais, d’une maison d’édition peu connue, et le titre très ronflant dans la plupart des cas, associant termes majestueux et promesses grandioses. Ouvrons le livre: les premières pages permettent le plus souvent de comprendre que l’auteur est très majoritairement un enseignant de golf, qui enseigne depuis de nombreuses années avec succès. Et ce sont ces succès mêmes qui l’ont incité à prendre sa plume. Et là commencent les malheurs. Comment transcrire pour le lecteur inconnu les judicieux conseils qu’il est si facile de donner à l’élève en face de soi au practice? La tentation terrible de la méthode arrive alors. Cette méthode qui permettrait de systématiser un enseignement, identique et adoptable pour tous. En fait, et la grande majorité des auteurs le savent au fond d’eux, une telle méthode n’existe pas. Chaque élève nécessite une approche individuelle, adaptée à ses capacités physiques et son appréhension du mouvement. Mais écrire ça est impossible, il faut donc trouver «sa» méthode.

Après une intense réflexion, et souvent une mise en pratique sur ses élèves, le pro réussit à définir quelques constantes de son enseignement, qu’il s’efforce de systématiser dans sa méthode. Mais les ennuis ne sont pas finis. Tout d’abord, sa méthode tient en quelques phrases : un peu court pour un ouvrage. Il va falloir donc délayer, faire des schémas, trouver des exemples, enfin arriver aux 200 pages conseillées. Et ça ne suffit pas, il faut maintenant rédiger, et ce n’est pas simple quand on n’est pas un littéraire naturel. Finalement l’ouvrage est fini et rencontre le lecteur, en l’occurrence moi. Ne riez pas, mais à chaque fois j’essaie de donner sa chance au produit comme on dit dans le commerce. Et on ne sait jamais, sur un malentendu, il est peut-être possible que les fameux secrets et méthodes me correspondent par hasard, parfaitement.

Et bien non. Jamais à ce jour je n’ai eu de révélation. J’y ai découvert soit une description d’un enseignement très classique (et mille fois décrit auparavant), soit de l’originalité propice à réjouir les contorsionnistes et les kinésithérapeutes. Une fois déchiffré le texte, et parfois cela représente l’essentiel de travail de l’ouvrage, vient le moment de comprendre en profondeur la pensée de l’auteur. La déception est, il faut le reconnaître, presque toujours au rendez-vous. De secret, je n’en n’ai jamais découvert. De méthode structurée et solide, pas franchement non plus. Et enfin se pose la question de l’accessibilité du propos. Bien que le débutant soit officiellement le lecteur privilégié, le plus souvent les exercices préconisés comme les explications théoriques demandent une connaissance profonde du golf et du swing pour être assimilés efficacement.

Il ne s’agit pourtant pas d’escroquerie, loin de là! La très grande majorité des auteurs est très sincère dans ses convictions et persuadé de la valeur de son livre. Bien sûr, on retrouve ici ou là un gentil filou qui s’est contenté de reprendre des extraits de la prose de ses confrères plus âgés. Mais voila, le don pour la littérature n’est pas forcément associé aux compétences pédagogiques et ces compétences, par essence reflet de l’adaptation de l’enseignant à son élève, refusent avec énergie de se laisser cloisonner dans un système figé.

Pour aujourd’hui je ne citerai pas d’ouvrages parce qu’il existe certainement dans la population des golfeurs quelques individus qui seront statistiquement compatibles avec ces livres. Mais j’ai plusieurs noms en tête…

samedi 21 novembre 2009

Il m'arrive de mettre encore le nez dehors

Nous sommes maintenant fin novembre, et c’est l’époque du travail foncier dans nos contrées, où les compétitions ne se déroulent que d’avril à octobre. La météo également n’incite pas forcément à trainer sur les fairways, quand la pluie tombe à l’horizontale. D’ailleurs, vous avez remarqué que la pluie tombe toujours pile dans le mauvais sens au practice? Mais étant breton et par conséquent inoxydable en vertu d’un axiome mainte fois asséné au touriste de passage qui ose faire une remarque sur nos conditions météorologiques, je ne peux me plaindre sans renier plein de choses très indispensables.

Travail foncier et séances de practice donc, avec un programme chargé. Je ne dispose pas des facilités musculaires et articulaires d’un joueur plus jeune ou plus athlétique, et de tout temps mon sens du rythme a été déplorable. Deux handicaps donc pour exceller naturellement au golf. Ce que la nature m’a refusé, il me faut l’acquérir à la sueur d’un travail assidu. Encore et toujours, je travaille les mêmes points; le backswing, puis l’engagement du corps à la descente.

Ces derniers temps, je m’applique à avoir un backswing plus en bloc, avec une rotation précoce des épaules. J’essaie aussi de ne pas arracher le club au take-away, que ma montée soit le résultat d’une action musculaire maitrisée et non la conséquence d’un élan initial que je me contenterais de contrôler. Dernier point, j’essaie de ne pas armer trop précocement le club, pour ne pas perdre d’amplitude. Rien que ces trois points demandent de l’application. Parce qu’en plus je me dois de les réaliser sans faire de pivot inversé, ni de sway. Et si en plus je suis le bon chemin de club, c’est mieux.

L’engagement du corps reste pour moi une bête noire. Je n’arrive que très difficilement à m’empêcher de lancer les bras au début du downswing. C’est plus fort que moi, mon club est derrière moi et en haut, la balle est devant et en bas, je lance donc le premier sur la deuxième. Au mieux, mon bassin suit docilement le mouvement, et vu de loin par temps de brouillard, l’ensemble fait illusion. Je n‘ai pas encore trouvé l’image mentale qui me permettrait de passer d’un mouvement très artificiel (lorsque je fais un swing en décomposé) à un mouvement plus naturel et évident. Vous voyez, il y a plein de travail en cours et à venir…

jeudi 19 novembre 2009

Vive la science !

Après avoir endormi la méfiance des lecteurs avec un bon livre d’initiation, je vais vous décrire en quelques mots les objets de mes penchants les plus honteux, là où mon coté obsessionnel peut s’épanouir à son aise. Les objets car il y en a plusieurs. Ils sont dissimulés sous l’aspect de classeurs de fonctionnaire, ces gros classeurs gris à levier qui n’inspirent que rarement de désir chez l’humain normalement constitué. Mais ces classeurs contiennent une somme de documents sur le golf, et plus particulièrement sur le swing. Il y a des textes en anglais, en allemand, parfois même en français. Des centaines de pages sur un seul geste. Peu de photos, pas la moindre anecdote. Mais il y a des mathématiques, de la physique, de la physiologie, de l’anatomie. Tout ce que j’ai pu trouver sur le swing de golf et que j’arrive à comprendre.

Mais ces pages, d’où viennent-elles? Il faut croire que le golf est très répandu chez les universitaires, qu’ils soient mathématiciens, physiciens, médecins. Et tous ces éminents personnages ont, un jour ou l’autre, réfléchi à leur capacité à taper plus ou moins bien la balle. Comme ils sont éminents et universitaires, le fruit de leur réflexion ne pouvait déboucher que sous la forme d’un article scientifique, publié si possible dans une revue de référence. Ces articles, je me suis mis à les débusquer depuis quelques mois, et la pêche est très fructueuse.

Honnêtement, certains de ces articles sont vraiment abscons et ne révolutionneront jamais la technique de drive. Par exemple, j’en ai trouvé un dernièrement (plus exactement, un étudiant l’a déniché et me l’a apporté, mon péché mignon commence à être connu) en allemand sur les actions du carré pronateur gauche. Il n’est malheureusement pas en libre accès, sinon je me serais fait un plaisir de vous le faire partager. Bon, je l’ai lu six fois cet article, et j’ai encore du mal. Pourtant je suis sensé connaître assez bien ce dont il parle.

J’en ai quelques autres qui comportent plus de formules mathématiques que de phrases, productions de mes amis physiologistes. Les vecteurs y croisent les moments angulaires, les résistances élastiques s’opposent aux contractions isocinétiques. Et tout ça pour essayer d’optimiser et de rationaliser le swing; quels muscles, quelles articulations, dans quel ordre, avec quelles amplitudes. Et tous ces savants ne sont pas d’accord entre eux. Les «performants» contre les «économes» (ceux qui veulent augmenter la puissance contre ceux qui veulent diminuer le travail musculaire), les «musculeux» contre les «articularistes» (ceux qui raisonnent sur les muscles contre ceux qui se passionnent pour les articulations). A chaque fois des démonstrations implacables, des calculs aiguisés, des postulats inoxydables. Mais qui s’opposent d’un article à l’autre. Grâce à ça, ma perversité est rassasiée au-delà de mes espoirs les plus fous.


Par moments je me dis qu’il doit y avoir au milieu de toutes ces pages quelque chose de proche de la vérité. Je ne la vois pas vraiment (la verrai-je un jour?), mais au moins je comprends un peu mieux l’intérêt de tel ou tel enchainement de mouvements lors du swing. Sinon, j’ai quand même ma chapelle de prédilection, et ce qui tombe bien, c’est que sa doctrine est très connue, et publiée depuis près de 40 ans. Son évangile s’intitule «the Golfing Machine». C’est aride, difficile, et je ne suis pas d’accord sur tout. Le bonheur, quoi…

je me prends pour Bernard Pivot

Le golf suscite une littérature abondante et régulièrement renouvelée. Les nouveaux supports, DVD et internet, n’ont pas ralenti loin de là cette production. Les sujets et les publics visés sont variables, mais les éditeurs avouent sans peine que chaque ouvrage est assuré d’une diffusion très honorable quel que soit son contenu. On trouve quelques ouvrages très techniques, parfois même arides, mais le plus souvent l’aspect est aguicheur, le titre plein de promesses.

Comme la plupart de mes congénères, il m’est arrivé de craquer. En fait, je pense que j’ai craqué plus souvent que d’autres. En rangeant un rayonnage, j’ai compté vingt-deux livres divers et trois DVD commerciaux. Et ce n’est pas tout, j’en ai bien peur; j’ai également accumulé six gros classeurs de textes et documents tirés du net ou de publications professionnelles, ainsi qu’une bonne quinzaine de DVD collectionnant diverses vidéos.


Certains ouvrages m’ont été très utiles, d’autres ne m’ont inspiré que peu d’intérêt. Je voudrais commencer ici par un des ouvrages les plus connus et les plus diffusés actuellement, celui inspiré par Tiger Woods, intitulé «ma méthode», et écrit par Pete McDaniel et Guy Yocom (c’est eux qui ont réellement écrit ce livre, d’après les propos de Woods). On pourrait croire au premier abord que ce livre n’apporterait pas grand-chose, mais détrompez-vous; il a le mérite d’avoir un propos très clair, son contenu est tout à fait adapté au golfeur qui commence à jouer, et il aborde la grande majorité des situations possibles. Il a d’autres avantages; outre l’iconographie impeccable, son propos reste très réaliste; ici nulle promesse de drives monstrueux ni de putts diaboliques. Il n’oublie pas de parler de l’importance de l’entrainement ni ne passe sous silence le travail qui a été nécessaire à Woods pour arriver au plus haut. Enfin, il a une grande qualité, il commence par le putting et le petit jeu, et ne se focalise pas sur le drive.

On peut cependant lui trouver des défauts; tout d’abord, le style littéraire se caractérise par…une absence totale de style; heureusement que le sens est souvent captivant, car l’écriture est peu engageante. D’autre part, le propos est typiquement américain, tant par la narration de la carrière de Tiger Woods que par les particularités du golf mises en exergue. On sent bien que le traducteur s’est contenté d’une traduction littérale, il n’a pas cherché à adapter le texte au jeu européen.

Reste que lorsqu’on fait la somme de ses qualités et de ses défauts, il s’agit d’un ouvrage qui peut très bien faire partie d’une bibliothèque de golfeur.

lundi 16 novembre 2009

Nos élites, suite...

Tout d’abord je voudrais très sincèrement féliciter François Delamontagne pour son résultat de ce week-end. La semaine dernière, à la veille du tournoi, je le voyais encore en position délicate pour sauver sa saison, il a su plus que la sauver en réussissant une troisième place au Master d’Australie, terminant en plus premier joueur du tour Européen. Bravo à lui, tout au long des quatre tours il n’a jamais eu le moindre passage à vide; s’il n’a pas réussi de coups exceptionnels, il n’a jamais non plus lâché de coup, rentrant tous les putts rentrables (rien que ça permet souvent de faire un bon résultat, demandez à Tiger!). Il était dans des conditions pas faciles, seul Français en lice, au milieu du tourbillon créé par Tiger Woods, et le tournoi était un pro-am, ce qui n’aide pas non plus pour faire une grande performance (il semble qu’en fait les amateurs qui lui avaient été attribués ont été d’excellents compétiteurs, et que cela a été une aide en définitive).

L’autre star du week-end a été Grégory Bourdy, qui gagne son 3e tournoi en 3 ans face à un champ très relevé, sur un parcours qui permettait des scores très bas, mais savait aussi punir les joueurs trop intrépides. Il a fait quatre tours très solides, sans baisse de forme, sans être troublé par les autres enjeux dont celui qui retenait l’attention des médias, la place de premier du mérite européen. Il accède à la finale de Dubaï grâce à cette victoire, il sera le troisième Français sur les 58 joueurs qualifiés. De manière moins voyante, Raphaël Jacquelin réussit une très solide cinquième place. Deux joueurs ont donc l’air d’être en forme avant la finale.

samedi 14 novembre 2009

Les wedges nouveaux sont là...

Vous savez que les wedges nouveaux arrivent à grands pas; finies les stries, gravures et rainures qui scalpent des copeaux d’uréthane dès que la face du club s’approche à moins de 10 centimètres de la balle. Finies les balles qui prennent 10 mètres de backspin au sortir des roughs impénétrables. Bon, pour nous pauvres amateurs, vu la pauvreté récurrente de nos contacts, la situation ne va pas trop changer; nous continuerons à ne pas faire de backspin, à voir nos balles rouler leur 5 bons mètres après un coup de 52° tapé du plein centre du fairway.

Ceux qui vont en pâtir, et on peut le voir à partir de ce week-end, ce sont les joueurs professionnels. Ils se sont presque tous vu remettre de la part de leurs équipementiers les nouveaux fers. Ça ne rigole plus du tout comme avant; on a vu dès les premiers tours les joueurs commencer à être franchement pénalisés de leurs égarements en dehors des fairways. Au contraire des épreuves précédentes, les balles tapées depuis le rough touchent toujours les greens, bien sûr, mais elles n’y restent plus comme avant; elles rebondissent et roulent. Longtemps. Et ressortent du green.

Les pros commencent à le dire; fini les drives de fou, qui tombent où ils peuvent tant qu’ils font de la distance. A partir de maintenant, les mises en jeu vont de nouveau être ciselées, plus question de s’égarer. Une balle dans le rough, c’est le risque d’un GIR raté parce que la balle n’aura pas pu être contrôlée comme avant. Mais la parade arrive à grands pas; laquelle? on nous promet des balles molles, tout justes bonnes à jouer un seul trou, mais qui prendront tout le spin que n’arriveront plus à leur donner les nouveaux clubs. Bon, comme elles seront molles, elles iront moins loin sur les longs coups…J’ai eu entre les mains une de ces nouvelles balles; c’est mou, ça risque effectivement de ne pas faire 18 trous tellement la couverture parait fragile, et au putting, comment dire? On se demande si la balle ou la face de club n’avait pas une saleté collée dessus tellement le contact est spongieux…Pour moi, ces balles destinées aux pros, elles ne seront pas pour moi; fragiles ettrop chères à l’usage, pas longues, prenant énormément les effets indésirables aux bois et spongieuses au putting.